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Revue Les diplômés

Sommaire du numéro - Printemps 2011

Christina Cameron : gardienne du patrimoine

L’historienne de l’architecture a acquis une expertise reconnue mondialement sur les questions de patrimoine.

Daniel Baril

Johanne dionSelon quels critères un édifice, un site naturel ou un environnement urbain mérite-t-il d’être classé à titre d’élément du patrimoine national ou international?
Christina Cameron, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine bâti à l’École d’architecture de la Faculté de l’aménagement, reconnait qu’il n’est pas toujours facile de trancher cette question.

«C’est un grand débat et c’est même l’objet de tout un champ de recherche, souligne-t-elle. Le concept de patrimoine est évolutif. Il y a 30 ou 40 ans, la notion était plus muséologique et s’appliquait à des constructions qui se distinguent par de hautes qualités architecturales. Maintenant, la notion est plus culturelle et inclut des ensembles comme une rue, un quartier ou un paysage à préserver.»

Historienne de l’architecture en poste à l’UdeM depuis 2006, la professeure Cameron a été chef de la délégation canadienne au Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO de 1987 à 2008. Elle a acquis une solide expertise reconnue mondialement sur les questions relatives au patrimoine et ses avis sont sollicités un peu partout dans le monde. Du Japon à la Barbade en passant par la Chine, Bahreïn et l’Afrique, on n’hésite pas à la consulter sur la meilleure façon de présenter une candidature pour l’inscription sur la très convoitée Liste du patrimoine mondial.

Dans chaque cas examiné, les questions sont fort complexes et souvent très délicates, puisque des enjeux non seulement patrimoniaux mais aussi politiques et économiques doivent être pris en considération.

Jocelyn Faubert

Cette salle acoustique du BRAMS sert à étudier la perception auditive dans un environnement sonore complexe. Équipée de 80 hautparleurs, elle peut simuler tout autant le son d’une salle de concert que le bruit de la rue.

Patrimoine immatériel

Christina Cameron a elle-même œuvré à faire évoluer le concept d’héritage collectif. «La notion englobe désormais des éléments culturels tels les savoir-faire ancestraux, les spectacles traditionnels, les rituels religieux et même les contes et légendes», mentionne la chercheuse.

L’idée de «patrimoine immatériel» est donc venue s’ajouter aux composantes propres au patrimoine bâti et au patrimoine naturel et a même fait l’objet d’une convention à l’UNESCO en 2003.
Mais la préservation reste sa principale préoccupation. Elle en a fait le thème d’une communication présentée à un colloque tenu à Québec en octobre 2010 pour marquer le 25e anniversaire de l’inscription du Vieux-Québec sur la Liste du patrimoine mondial. La professeure a sonné l’alarme quant au danger que représente le tourisme massif pour certains sites patrimoniaux comme le Machu Picchu ou la Grande Muraille de Chine.

Mme Cameron a en outre été invitée l’an dernier à faire partie d’un comité d’experts internationaux du World Monuments Fund afin de dresser l’inventaire des principaux sites patrimoniaux mondiaux menacés par la négligence, le vandalisme ou les désastres naturels.

Services insignes

Avant de travailler à l’Université de Montréal, Christina Cameron a occupé pendant 35 ans le poste de directrice générale de Lieux historiques nationaux à Parcs Canada. On lui doit la Politique sur la gestion des ressources culturelles de Parcs Canada ainsi que le Répertoire canadien des lieux patrimoniaux. Ces réalisations lui ont valu le Prix pour services insignes en 2007, la plus prestigieuse distinction de la fonction publique au pays.

Avec deux collègues de la Faculté de l’aménagement, Claudine Déom et Nicole Valois, Mme Cameron est aussi à l’origine du livre Le campus: le patrimoine architectural et paysager de l’Université de Montréal. L’ouvrage bilingue publié aux Presses de l’Université de Montréal nous fait découvrir des aspects méconnus de l’histoire et de l’architecture du campus qui fait partie intégrante de l’arrondissement historique et naturel du Mont-Royal.

Les auteures ont tenu compte de l’intégration des bâtiments dans leur environnement et Christina Cameron s’est dite étonnée de la cohérence, méconnue et inattendue, entre le bâti et le paysage.


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