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Revue Les diplômés

Sommaire du numéro - Printemps 2011

Du laboratoire à la mise en marché

Des objets quotidiens, allant des téléphones cellulaires aux outils pédagogiques, sont directement issus des laboratoires universitaires.

Ces informations sont tirés d'articles de l'hebdomadaire Forum rédigés par Daniel Baril, Jean-François Bouthillette et Mathieu-Robert Sauvé.

Johanne dion

La valorisation de la recherche fait de plus en plus partie de la réalité universitaire. À l’Université de Montréal, Univalor travaille depuis une dizaine d’années à assurer le transfert des données des laboratoires de recherche vers les entreprises de biens et de services.

«Au fil des ans, nous avons beaucoup élargi la palette de ce qu’on peut valoriser», souligne Luc Morisset, directeur principal du développement des affaires à Univalor. La firme emploie une vingtaine de personnes dont 13 ont pour mission de débusquer les travaux susceptibles d’intéresser des entrepreneurs et de trouver les entrepreneurs qui ont besoin des innovations de la recherche.

«Nous avons 300 dossiers à différents stades d’avancement et nous travaillons présentement sur quelque 40 ententes», précise-t-il. L’année dernière, Univalor a évalué 113 projets d’invention. «C’est un record pour nous. La communauté des chercheurs de l’UdeM se compare avantageusement à celle des autres universités canadiennes.»

Cette valorisation touche un nombre sans cesse croissant de disciplines et elle s’internationalise. HEC Montréal, l’École Polytechnique et les centres hospitaliers associés
à l’UdeM font partie des «établissements clients» d’Univalor. Nous présentons ici quelques-unes des réalisations qui ont bénéficié de ce soutien.

L’optométrie au service du hockey

«Wayne Gretzky n’avait pas le meilleur coup de patin de la Ligue nationale, mais il avait de la vision et savait où lancer», déclare Jocelyn Faubert au sujet du hockeyeur canadien.
Jocelyn Faubert est directeur du Laboratoire de psychophysique et de perception visuelle de l’École d’optométrie de l’UdeM. L’une des inventions nées dans ce laboratoire, le NeuroTrackerMC (de CogniSens Athletics), est actuellement employée dans les gymnases des Pingouins de Pittsburgh, des Canucks de Vancouver et des Sénateurs d’Ottawa. Sans compter le Manchester United (soccer) et le Stade toulousain (rugby), qui poussent leurs athlètes dans cet immense environnement virtuel.

Jocelyn Faubert

Jocelyn Faubert dans son laboratoire de réalité virtuelle.

Le NeuroTrackerMC rehausse la performance en situation de jeu chez les athlètes de haut niveau en optimisant leurs capacités perceptives et cognitives et, conséquemment, leur lecture du jeu dans le feu de l’action. Cet entrainement est bon pour presque tous les sportifs engagés dans des compétitions où la vision joue un rôle de premier plan.

L’appareil a également été adapté pour la récupération cognitivo-perceptive chez les personnes âgées. «Les ainés ont de la difficulté à intégrer et à gérer l’information liée à des mouvements complexes ou brusques comme ceux d’une foule ou du trafic automobile, explique Jocelyn Faubert. Nous nous sommes demandé s’il était possible pour eux de récupérer cette perte cognitive par un entrainement semblable à celui offert aux athlètes.»

Une autre des inventions du professeur Faubert, utilisée dans une quinzaine de cliniques au Canada, est une minicaméra capable d’analyser la composition du sang de manière non effractive. En un simple zoom au fond de l’œil, la caméra capte la composition des vaisseaux. Une analyse des spectres permet de révéler des molécules particulières, qui peuvent être des indices de maladies.

Aujourd’hui, le Laboratoire de psychophysique et de perception visuelle compte 28 personnes, dont plusieurs étudiants-chercheurs des cycles supérieurs. On vient des États-Unis et de France pour travailler avec cette jeune équipe dynamique et le chiffre d’affaires annuel de cette unité dépasse largement le million de dollars.

Un DVD pour contrer l’agressivité

Richard E. TremblayEst-il normal qu’un jeune enfant morde, pousse, frappe, menace? Comment éviter que cette violence persiste ? C’est à ces questions que Richard E. Tremblay, professeur au Département de psychologie de l’Université de Montréal, a voulu apporter des réponses à l’aide d’un DVD interactif.

Bénéficiant d’une renommée internationale, le professeur tenait à ce que les connaissances tirées de sa démarche scientifique puissent servir concrètement. «C’est très important pour moi, dit-il. C’est la raison pour laquelle on fait des recherches, pour qu’elles servent à des éducateurs sur le terrain.»

Réalisé en collaboration avec l’Office national du film du Canada et avec Jean Gervais, de l’Université du Québec en Outaouais, le DVD apprend aux éducateurs à être de fins observateurs. «Il ne faut pas s’arrêter à la seule nature du comportement, insiste le psychologue. Il faut voir à quelle fréquence il survient, dans quelles circonstances ou à quels objets il est associé. Certaines façons d’organiser l’espace dans une garderie, par exemple, favorisent la compétition. Si les conflits sont fréquents, on peut tenter d’aménager les lieux autrement.»

C’est aussi à Richard E. Tremblay qu’on doit la mise sur pied du Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants. La mission du centre est de transférer les connaissances scientifiques vers la pratique auprès des petits, bien au-delà des frontières du Québec. Le groupe travaille entre autres à la création d’une encyclopédie sur le développement des jeunes enfants qui sera publiée en français, en anglais, en espagnol et en portugais.

Simplifier le design informatique

Les systèmes informatiques intégrés ou «embarqués», comme disent maintenant les spécialistes, se trouvent dans tous les appareils qui nous entourent, que ce soit les électroménagers, les véhicules automobiles ou les téléphones portables.

Pur produit de la recherche et développement de l’École Polytechnique, la firme Space Codesign Systems s’est donné pour mission de faciliter la fabrication de tels produits informatiques en offrant des services de consultation pour toute création combinant le logiciel embarqué.

L’un des produits offert par l’entreprise, le Space Studio, permet de simuler le résultat recherché et de diminuer les couts de fabrication à l’étape du prototype. «Au lieu de tout fixer dans le silicium, nous intégrons un logiciel qui assure l’évolutivité et la flexibilité du système en plus de réduire le temps de conception», précise Guy Bois, professeur à Polytechnique et président de Space Codesign Systems.

Space Studio permet de déterminer la fonctionnalité des composantes du système, d’évaluer le temps de calcul et de partitionner correctement les fonctions entre les différents processeurs. La clientèle visée va des fabricants de cartes graphiques à ceux de satellites en passant par les technologies de communication de masse et les GPS.

«Il faut être professeur entrepreneur pour se lancer dans une telle aventure et il faut en avoir le gout, reconnait Guy Bois. Mais c’est un défi stimulant.» S’il reste d’abord un chercheur, il apprécie que le milieu universitaire lui permette aussi de créer de la valeur à partir de ses travaux.

La chemise d’hôpital repensée

Richard E. TremblayElles y ont travaillé pendant plus de cinq ans, mais leurs efforts ont été récompensés : Denyse Roy, professeure à l’École de design industriel de l’Université de Montréal, et son étudiante Noémi Marquis ont créé la première chemise d’hôpital qui ne laisse pas les fesses des patients à découvert!

La chemise DUO est composée de deux « demi-chemises», l’une enfilée par-devant et l’autre par-derrière. En plus de permettre aux patients d’être décemment vêtus, le modèle est unisexe et convient parfaitement aux personnes obèses et aux femmes enceintes.

La nouvelle chemise devrait également réduire les couts d’achat et d’entretien associés au linge d’hôpital. «C’est grâce à plusieurs améliorations du design, explique Denyse Roy. Les attaches ont été retranchées, ce qui élimine certaines manipulations pour le fabricant et abaisse le cout de revient. La coupe a aussi été simplifiée, ce qui demande au buandier un seul pliage au lieu de deux. Par un choix judicieux des matériaux, le poids des deux nouvelles chemises est inférieur à celui de deux traditionnelles, ce qui permet des économies d’énergie, d’eau et de produits lessiviels.»

L’innovation s’est distinguée au 9e Concours Innovation Recherche en 2006. Les deux designeuses, qui ont obtenu un brevet pour le Canada et les États-Unis, sont confiantes de pouvoir commercialiser leur chemise d’hôpital d’ici 5 à 10 ans.


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